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France / Université de Cergy : une poignée d’étudiants retrouvent les bancs de la fac

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Les établissements sont autorisés à accueillir leurs élèves par groupes de dix.

À Cergy, au nord de Paris, une poignée d’étudiants se sentent «privilégiés»: ils ont retrouvé les bancs de la fac, pour des cours en petits groupes. Mais pour le gros des effectifs, le retour à l’université se fait attendre.

Au début des vacances de Noël, une circulaire a autorisé les établissements du supérieur à organiser début janvier une reprise progressive des enseignements en présentiel, avec des groupes de 10 étudiants maximum.

Anissa, en prépa ingénieur à l’université de Cergy (Val-d’Oise), s’est portée volontaire pour ces séances de soutien: «Ca fait du bien de revenir à la fac». «Ca va donner de la motivation pour se lever le matin», assure la jeune fille, qui se sent «privilégiée». Avec elle, une dizaine d’étudiants assistaient lundi à un cours de mathématiques, dans un amphi taillé pour en accueillir des centaines en temps normal.

«Chez moi, je n’arrive pas à rester concentré»

Samy savoure le simple fait de s’être déplacé à l’université: «J’habite seul dans un studio, alors voir des camarades, parler avec des profs, c’est très important». Depuis plus de deux mois, tous les cours se faisaient uniquement en «distanciel». Une organisation «pesante»: «on est en première année, tout est nouveau; on devait s’adapter grâce au soutien de nos professeurs mais en fait, on est resté seul chez nous, derrière un écran», regrette Samy.

Pour son camarade Raphaël, la reprise des cours va permettre de sortir d’un cercle vicieux: «Chez moi je n’arrive pas à rester concentré pendant les cours en ligne, donc je décroche», explique-t-il. «Or le niveau est assez élevé et voir ses notes baisser, ça démotive»… A Cergy, une centaine d’étudiants – sur un total de 25.000 – vont pouvoir reprendre des cours cette semaine. L’objectif est de monter en puissance et de constituer une trentaine de groupes de 10 d’ici début février, explique l’université.

«On a des étudiants brillants qui craquent»

Charge à chaque formation de cibler «les plus fragiles», comme des étudiants de première année, en situation de handicap ou de précarité numérique. Des critères qui interrogent. «Comment sélectionner les étudiants? En droit, ils sont 600; n’en choisir que 10 semble aberrant», se désole Ludivine Richefeu, maître de conférences en droit privé à Cergy.

«C’est extrêmement frustrant de devoir hiérarchiser les fragilités», estime aussi Hélène Manuelian, directrice de l’UFR lettres et sciences humaines. «On a des étudiants brillants qui craquent: est-ce qu’on choisit de faire revenir ceux là ou bien ceux qui sont en grande difficulté mais qui continuent de s’accrocher?», demande-t-elle.

«Trop déprimant» d’être seul chez soi

La ministre Frédérique Vidal assure faire «confiance aux établissements» pour déterminer qui rappeler en premier. «L’objectif est que l’on puisse remettre du lien entre les étudiants et les enseignants», a-t-elle insisté lundi, lors d’une visite à l’université de Cergy. Mais pour le gros des effectifs, le retour à la fac ne semble pas pour tout de suite.

Si initialement une reprise des travaux dirigés, dans la limite de 50% de la capacité d’accueil des salles d’enseignement, était envisagée à partir du 20 janvier, le rebond de l’épidémie de Covid-19 pourrait mettre à mal cet objectif. A défaut de cours en présentiel, certains étudiants profitent des examens qui se déroulent en ce moment pour se retrouver. «On vient tous les jours à la fac pour réviser ensemble», expliquent Chahrazad, Sarah et Manon, en première année de droit anglo-américain, dans un recoin de l’université quasi vide.

«Trop déprimant d’être seule chez soi», lance l’une. «Beaucoup lâchent. Dans mon groupe de TD de 25, il y en a déjà 4 qui ont abandonné», raconte une autre. Un risque de décrochage qui serait bien en train de devenir réalité, à en croire les premiers retours des enseignants: «Les étudiants viennent aux examens pour conserver leurs bourses mais la moitié partent au milieu de l’épreuve, on n’a jamais eu autant de copies blanches», prévient Hélène Manuelian, qui s’attend à des résultats «catastrophiques».

Source : etudiant.lefigaro

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