Arrêtez de prendre les enfants pour des cobayes »« La balance bénéfices-risques n’est pas assez claire »« Les enfants ne risquent quasiment rien »… Alors que la Haute Autorité de santé (HAS) recommande, dans son avis du 30 novembre, de vacciner en priorité les enfants de moins de 12 ans à risque de formes graves de Covid-19 ou vivant dans l’entourage de personnes vulnérables, et temporise pour les autres, les réactions à l’appel à témoignages publié sur Lemonde.fr ont été vives et nombreuses, en grande majorité de la part de parents refusant en bloc la perspective de faire vacciner leur enfant de moins de 12 ans contre le virus.

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Tous les arguments en défaveur de ces vaccins semblent exacerbés dès lors qu’il s’agit de les injecter aux jeunes élèves, population dans laquelle le taux d’incidence explose depuis un mois, dépassant, au 26 novembre, 600 nouvelles contaminations hebdomadaires pour 100 000 personnes. Un niveau jamais atteint dans cette catégorie d’âge.

Plus de deux tiers (62 %) des parents d’enfants de 6-12 ans sont défavorables à leur vaccination, selon les résultats préliminaires de la deuxième enquête issue du projet Slavaco menée par Jeremy Ward, sociologue à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), entre le 22 septembre et le 1er octobre. Dans le même temps, pourtant, « on constate une inquiétude forte chez les parents à l’idée que leur enfant contracte le Covid-19 à l’école », écrit le sociologue.

« Concentrer les efforts sur les personnes à haut risque »

Parmi les arguments avancés, celui qui domine est sans conteste l’idée que les enfants feraient les frais de l’égoïsme des personnes âgées et vulnérables qui auraient fait le choix de ne pas se faire vacciner. Anne, 44 ans, cadre supérieure de la fonction publique à Bordeaux, qui requiert l’anonymat, partage cette opinion et pense que « les enfants sont instrumentalisés dans cette épidémie ». Malgré tout, elle et son compagnon ont décidé qu’ils feraient vacciner leur fille de 9 ans dès que possible.

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« Si on avait pu faire un vrai choix en confiance, on aurait attendu un an, pour voir les données dans les autres pays, admet Anne. C’est la reprise épidémique qui nous convainc, ainsi que l’absence de dispositifs efficaces à l’école pour protéger les enfants. » La Bordelaise cite l’absence de dépistage régulier et efficace mais aussi le manque de rigueur des adultes quant au port du masque. La vaccination se présente alors comme le seul recours pour vivre plus tranquillement, d’autant plus que sa fille souhaite y avoir accès.

Source : lemonde