Connecte-toi avec nous

Internationale

France / Quelle grande école faut-il faire pour devenir milliardaire

Publié

sur

Les licornes, ces jeunes entreprises valorisées plus d’un milliard d’euros, affichent une réussite insolente. Mais quelle formation ont suivi les fondateurs de licornes françaises? Le Figaro Étudiant a analysé le cursus de 45 fondateurs et cofondateurs de 21 licornes hexagonales. Et le résultat va vous surprendre.

«Vers 2007, j’ai rencontré deux fois Frédéric Mazzella, le fondateur de BlaBlaCar, qui cherchait un financement. La vision de ce normalien me paraissait trop théorique, alors j’ai refusé d’investir…» Aujourd’hui, Benoist Grossmann, CEO du fonds Eurazeo Investment Manager, rit de bon cœur quand on lui rappelle ces propos confiés en 2015 à un magazine économique. Il est vrai qu’à l’époque, les normaliens n’étaient pas réputés pour leurs vertus entrepreneuriales.

Mais, en 2021, grosse surprise: Le Figaro Étudiant a passé au crible la formation des 45 fondateurs et cofondateurs de 21 licornes françaises (start-up non cotées en bourse et valorisées à plus d’un milliard d’euros). Et l’école qui est la plus grosse pourvoyeuse de fondateurs de licornes est justement … l’École normale supérieure (sciences). L’école place pas moins de quatre anciens élèves parmi les 61 fondateurs et cofondateurs de licornes, à égalité avec HEC. Viennent ensuite l’ESCP et Polytechnique (trois), puis l’Essec, EM Lyon, l’École des Ponts ParisTech, l’Edhec, Montpellier BS et l’Insead (deux). Bien entendu, l’échantillon est trop réduit pour tirer des conclusions généralistes mais, malgré tout, certaines tendances se dessinent.

Un quart des fondateurs de licornes ont suivi une double voire une triple formation

Ainsi, parmi les fondateurs et cofondateurs de licornes, 78% d’entre eux sont diplômés d’une des grandes écoles recensées dans les classements d’écoles de commerce ou d’ingénieurs publiés par le Figaro Étudiant (ou de l’ENS et de Sciences Po). Or, selon une étude de Roland Berger et Numa, pour les fondateurs de start-up classiques, le pourcentage tombe à 46%. Comme si l’excellence académique jouait le rôle d’un accélérateur de croissance et d’ambition. Par ailleurs, 25% des fondateurs et cofondateurs de licornes ont suivi une double voire une triple formation, une tendance confirmée par Xavier Lorin, co-fondateur de Shapers, un cabinet de conseil en levées de fonds: “De plus en plus souvent, les fondateurs de licornes multiplient les formations, notamment les doubles formations “école de commerce” et “école d’ingénieur”, comme HEC et Polytechnique, ou HEC et CentraleSupélec.”

Une accumulation de diplômes qui donne le tournis

Au point que la lecture de certains profils donne le tournis: David Khuat-Duy, fondateur de Ivuala, a fait Polytechnique, HEC, et un doctorat à l’université Paris Dauphine. Nicolas Brusson, cofondateur de BlaBlaCar, affiche Sup’Optique, une maîtrise en physique appliquée de l’Université Paris XI, et l’Insead. Et, outre Normale Sup’, Frédéric Mazzella a aussi ajouté un MBA de l’Insead et un master de Stanford à son CV. Quant à Denis Ladegaillerie, fondateur de Believe, il aligne Sciences Po, l’ESCP et un master en droit de l’université Duke aux États-Unis.

La première place de l’ENS Sciences est-elle une anomalie ou s’explique-t-elle par des caractéristiques particulières de l’école? “À Normale Sup’ sciences, les élèves réalisent des dizaines et des dizaines expériences scientifiques, donc ils n’ont pas peur d’expérimenter, d’essayer, d’échouer et de recommencer, explique Frédéric Mazzella. Comme l’école favorise aussi la créativité, cela explique pourquoi certains d’entre eux sont aptes à lancer des start-up, où là aussi les essais, les échecs et les améliorations sont indispensables.” Pas étonnant si, sur les murs de BlaBlaCar, on peut lire en grosses lettres la devise “Fail, learn, succeed” (“échouez, apprenez, gagnez”). On remarque aussi la prévalence de spécialisations très pointues (probabilités et finance, optique, systèmes réseaux, CRM analytique), comme si ces compétences étaient autant de clés pour pénétrer des marchés d’autant plus porteurs qu’ils sont complexes, avec une “barrière à l’entrée” technique très élevée.

Les incubateurs d’écoles de commerce sont des accélérateurs

Dernière particularité du classement: les profils sont extrêmes puisque, face aux surdiplômés, pas moins de trois fondateurs et co-fondateurs de licornes sont autodidactes ou n’ont pas dépassé le bac. “Ce n’est guère étonnant, confie Benoist Grossmann, les diplômés des grandes écoles ont de grosses capacités de travail, mais “ l’école de la vie”, c’est aussi une “super école”: ses élèves sont moins arrogants, plus humbles, plus aptes à se remettre en question après un échec”. Reste que les grandes écoles offrent de nombreux atouts maîtres: au-delà du savoir technique, de la dimension internationale et du réseau sociétal des alumni, certaines vont jusqu’à mettre des incubateurs à disposition des élèves: “Lorsque Jonathan Cherki a fondé Contentsquare, il était encore étudiant à l’Essec, et il a utilisé Essec Ventures, l’incubateur Essec, pour faire ses premiers pas dans l’entrepreneuriat, rappelle Jan Lepoutre, professeur d’entrepreneuriat et stratégie à l’Essec. De quoi bien mettre le pied à l’étrier pour aller chevaucher les licornes.

Source : etudiant.lefigaro

Publicité

NOS PARTENAIRES

Publicité
Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com