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Technologie / Toujours pas d’accord pour la survie de TikTok

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Les négociateurs s’efforçaient toujours jeudi de trouver une nouvelle structure de propriété aux États-Unis pour la populaire application chinoise de vidéos.

À trois jours de l’échéance qui scellera le sort de TikTok aux États-Unis, les négociateurs s’efforçaient toujours jeudi de trouver une nouvelle structure de propriété pour la populaire application chinoise de vidéos qui soit acceptable tant pour Pékin que pour Washington. «Nous allons prendre une décision bientôt», a promis jeudi soir Donald Trump. Depuis quelques jours, un accord semble prendre forme qui permettrait à Oracle, basé en Californie, d’être le partenaire technologique américain de TikTok pour dissiper les craintes de Washington, selon lesquelles la plate-forme pourrait être utilisée à des fins d’espionnage pour le compte de la Chine.

Mais alors que le nom de ce potentiel partenaire a été officialisé dès lundi par le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, les détails de l’accord restaient flous jeudi. Certains médias évoquent une prise de participation minoritaire (jusqu’à 20%, selon CNBC) par Oracle, spécialisé dans les logiciels et services à destination des entreprises. La maison mère chinoise, ByteDance conserverait une participation majoritaire. Un comité de sécurité nationale du gouvernement américain (Cfius) examinait toujours l’offre d’Oracle, jeudi, alors que les législateurs républicains ont mis en garde contre le feu vert à un accord qui laisserait l’entreprise sous contrôle chinois. Cette application de vidéos courtes est extrêmement populaire chez les adolescents avec environ 100 millions d’utilisateurs aux États-Unis et jusqu’à un milliard dans le monde.

Irréconciliable?

Certains analystes relèvent le côté irréconciliable du dossier: trouver un accord apaisant les préoccupations des deux pays sur la sécurité, les algorithmes et autres technologies clés utilisés par TikTok. «Cela ressemble à un jeu à somme nulle où soit la Chine, soit les États-Unis obtiennent les avantages de la propriété intellectuelle et de la sécurité, et il n’y a aucun moyen pour les deux parties de partager cela», a ainsi commenté Betsy Cooper, directrice du Tech Policy Hub de l’Aspen Institute.

Selon cette ancienne fonctionnaire de la Sécurité intérieure, l’accord avec Oracle hébergeant des données en tant qu’actionnaire minoritaire «ne semble pas résoudre les problèmes de sécurité» soulevés par l’hôte de la Maison-Blanche et d’autres responsables américains. Pour l’heure, les autorités chinoises s’opposent à une vente par ByteDance des algorithmes utilisés par TikTok, censés détenir une grande partie de la valeur de la plate-forme. James Lewis, qui dirige la politique technologique au Centre d’études stratégiques et internationales, estime qu’Oracle pourrait encore obtenir l’approbation pour son accord au prix sans doute de changements. «La vente sera plus facile pour Oracle si ByteDance devient un propriétaire minoritaire», dit-il.

Six sénateurs républicains américains ont adressé une lettre à Donald Trump cette semaine. Ils écrivent que «tout accord entre une société américaine et ByteDance doit garantir que les opérations, les données et les algorithmes américains de TikTok échappent entièrement au contrôle de ByteDance ou de tout acteur dirigé par l’État chinois, y compris toute entité susceptible de tomber sous le coup de la loi chinoise les obligeant à accéder aux données des consommateurs américains». Donald Trump a menacé d’interdire TikTok aux États-Unis si aucun accord n’est conclu d’ici dimanche. Cette affaire est une nouvelle illustration de la bataille technologique qui se joue entre les deux plus grandes puissances économiques du monde.

Source : Lessentiel.lu

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