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France / Bac 2021 : le nouveau grand oral résistera-t-il à la crise du Covid-19

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Si les épreuves de spécialité du bac ont été annulées, le grand oral est maintenu en juin prochain. Des syndicats demandent sa suppression.

En juin, les élèves de terminale devront passer une toute nouvelle épreuve: le grand oral, «un saut vers l’inconnu» qui en effraie plus d’un. En raison de la crise sanitaire, des voix s’élèvent pour réclamer cette année sa suppression. «Nous sommes les premiers à connaître la réforme du bac, et donc le fameux grand oral qui a lieu dans trois mois. Mais beaucoup de lycéens ne comprennent pas cette épreuve, et nos professeurs, aussi perdus que nous, ne sont pas en mesure de répondre à toutes nos interrogations, nos inquiétudes». Camille*, 18 ans, en terminale technologique à Versailles (Yvelines), se fait l’écho, auprès de l’AFP, des inquiétudes de toute une promo. Sa classe a initié une pétition demandant que l’épreuve n’ait pas lieu cette année. «On est au mois de mars et on n’a pas encore commencé à s’y préparer», justifie-t-elle.

Le ministre espère voir l’épreuve se dérouler en juin

Le grand oral, mesure phare du nouveau bac instauré par le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, est une épreuve de 20 minutes qui comptera dans la note finale avec un coefficient 10 en voie générale, 14 en voie technologique. Les candidats devront présenter au jury deux questions préparées avec leurs professeurs, portant sur leurs deux spécialités. Pendant cinq minutes, ils aborderont la question choisie, puis pendant dix minutes, échangeront avec le jury qui pourra évaluer leurs compétences argumentatives. Les cinq dernières minutes porteront sur le projet d’orientation du candidat.

Si la crise sanitaire a eu raison des épreuves de spécialité, prévues initialement en mars, le ministre semble résolu à ne pas sacrifier la tenue de cet oral qui, espère-t-il, pourra se dérouler en juin «dans des conditions normales». En attendant, la flambée épidémique a conduit le gouvernement à demander aux lycées concernés par le reconfinement régional de ne plus accepter en classe qu’un élève sur deux.

«Tout le monde a pris du retard sur les programmes»

«Selon les établissements, des classes de terminale resteront à plein temps en présentiel, d’autres vont passer en demi-groupe. Dans ces conditions, comment préparer un examen national de façon équitable?», s’interroge Claire Guéville, en charge du bac au Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. «D’autant que cette épreuve est totalement déconnectée de ce que l’on fait en cours au quotidien», ajoute-t-elle.

Son syndicat et d’autres demandent sa suppression, en cette année scolaire rognée par le Covid-19. «Avec la crise, tout le monde a pris du retard sur les programmes, il nous faut regagner du temps d’enseignement», plaide Jean-Rémi Girard, du Snalc (secondaire). «En ce moment, nous avons sept classes fermées, quatre professeurs arrêtés en raison du Covid. La préparation de cet oral est une difficulté de plus», témoigne Émilie Pastor-Pons, professeur d’histoire-géo à Pantin. Elle essaye d’entraîner ses élèves «comme (elle) peut». «Je me suis inscrite à une formation en visioconférence la semaine prochaine, je ne sais pas trop quoi en attendre, pour le moment on est un peu dans le flou».

Certains lycées prennent des initiatives

Ces formations interviennent «beaucoup trop tard», regrette David Boudeau, secrétaire général de l’association des professeurs de biologie et géologie. «Là, on bricole; on essaye, tant bien que mal, de faire réfléchir nos élèves à leurs questions, mais le travail sur l’oral proprement dit, sur la posture ou sur la voix, on ne pourra pas le faire», prévient-il.

Certains lycées ont pris des initiatives. «Nous avons eu une matinée de préparation sur l’art oratoire, avec différents exercices théâtraux», raconte Sofiane, en terminale à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Mieux que rien, selon le jeune homme, qui s’estime toujours «très peu préparé» à cette épreuve. «Le plus compliqué reste de choisir les sujets que l’on va devoir présenter en cinq minutes», estime-t-il. «On a eu des infos au compte-gouttes sur cet oral depuis le début de l’année, ça va être le grand saut dans l’inconnu».

* Le prénom a été modifié

Source : etudiant.lefigaro

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