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Santé / Sida: un enfant infecté toutes les deux minutes en 2020 (UNICEF)

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Au moins 300.000 enfants ont été nouvellement infectés par le VIH en 2020, soit un enfant toutes les deux minutes, a indiqué mardi 30 novembre 2021, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), relevant que « la persistance de la pandémie de Covid-19 aggrave les inégalités qui marquent depuis longtemps l’épidémie de VIH ».

Quelques 120.000 enfants sont décédés de causes liées au Sida durant la même période, soit un enfant toutes les cinq minutes, a alerté l’UNICEF à la veille de la Journée mondiale de la lutte contre le Sida.

L’UNICEF signale que deux enfants sur cinq vivant avec le VIH dans le monde ne connaissent pas leur statut sérologique et à peine plus de la moitié des enfants séropositifs reçoivent un traitement antirétroviral (ARV).

« L’épidémie de VIH entre dans sa cinquième décennie au moment où sévit une pandémie mondiale qui a saturé les systèmes de santé et restreint l’accès à des services vitaux. Dans le même temps, l’augmentation de la pauvreté, des problèmes de santé mentale et de la maltraitance accroît le risque d’infection chez les enfants et les femmes », a déclaré la directrice générale de l’UNICEF, Henrietta Fore, dans un communiqué.

Selon le dernier rapport mondial sur le VIH/Sida, intitulé « Aperçu mondial de l’épidémie », l’Afrique subsaharienne représentait 89 % des nouveaux cas d’infections pédiatriques au VIH en 2020. En outre, la région compte près de 88 % des décès d’enfants liés au Sida.

Malgré les progrès accomplis au cours des dix dernières années dans la lutte contre le VIH/Sida, des enfants et des adolescents de toutes les régions continuent d’être laissés de côté, déplore le rapport.

Près de 150.000 enfants âgés de 0 à 9 ans ont été nouvellement infectés par le VIH, portant à plus d’un million le nombre total d’enfants séropositifs au sein de ce groupe d’âge, selon l’UNICEF.

Le même nombre de nouvelles infections a été constaté chez les ados âgés de 10 à 19 ans, portant leur total à 1,75 million de séropositifs. Par contre, le taux annuel de nouvelles infections parmi les adolescents a diminué de 41 % depuis 2010 en Afrique de l’Est et australe, alors qu’au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les infections ont augmenté de 4 % durant la même période.

Par ailleurs, le taux de couverture des traitements antirétroviraux chez les enfants reste loin derrière celui des femmes enceintes (85 %) et des adultes (74 %) à l’échelle mondiale.

Plus globalement, le rapport souligne que dans de nombreux pays, les services de lutte contre le VIH ont été considérablement perturbés au début de l’année 2020 en raison de la Covid-19.

Selon l’UNICEF, les confinements ont contribué à « la hausse des taux d’infection en raison des flambées de violence liée au genre, de l’accès limité aux soins de suivi et des ruptures de stock des produits de base ».

Plusieurs pays ont également connu une importante diminution du nombre d’accouchements au sein de structures de santé, de tests de dépistage du VIH chez les mères et de mises en place de traitements antirétroviraux.

Même si ces services ont repris en juin 2020, le niveau de couverture reste bien en dessous de ce qu’il était avant la Covid-19, et « l’incidence réelle de ces perturbations demeure inconnue ».

En outre, dans les régions durement touchées par le VIH, la persistance de la pandémie pourrait perturber encore davantage les services de soins de santé et accentuer les disparités dans la riposte mondiale au sida, souligne le rapport.

L’année dernière, 15,4 millions d’enfants ont perdu un de leurs parents, ou les deux, pour des causes attribuables au sida, dont les trois quarts de ces enfants, soit 11,5 millions, vivent en Afrique subsaharienne.

Si les enfants devenus orphelins en raison du Sida représentent 10 % de tous les orphelins dans le monde, 35 % de l’ensemble des enfants sans parents vivent en Afrique subsaharienne.

« Reconstruire en mieux dans un monde post-pandémie implique de mettre en œuvre des ripostes au VIH fondées sur des données probantes, axées sur les populations, résilientes, durables et, par-dessus tout, équitables », a conclu Henrietta Fore.

Source : AIP

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