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France / Sur Parcoursup, un afflux inédit de candidatures en classes préparatoires

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Le nombre de vœux en prépas a bondi de 28% sur Parcoursup. L’enseignement en présentiel en prépa malgré la crise a contribué à la popularité de la filière. Y aura t-il de la place pour tout le monde?

«Quand j’ai vu les universités totalement à distance, des étudiants seuls, j’ai su que ce ne serait pas possible». Enza, 17 ans, au lycée Joliot Curie de Nanterre (Hauts-de-Seine), vient d’être acceptée dans la prépa littéraire de ce même établissement. Une décision qu’elle mûrement réfléchie, au mois de janvier dernier, après avoir déjà renoncé à une année de césure à l’étranger. «Je n’arrive pas à travailler à distance», témoigne celle qui veut devenir journaliste. «Pour moi, la prépa est une sécurité

Le nombre de vœux concernant les prépas a bondi de 28% sur Parcoursup en 2021. Dans la filière économique et commerciale, les vœux ont augmenté de 65% entre les ECG cette année et les ECE et ECS de 2020, selon les données du ministère de l’Enseignement supérieur. Dans les filières littéraires, les vœux sont en hausse de 11% et ont augmenté dans les formations scientifiques de 20%. C’est aussi le carton plein pour la filière MP2I (mathématiques, physique ingénierie et informatique) qui ouvrira 26 classes en septembre prochain et qui a récolté environ 30 000 vœux.

La prépa, «valeur refuge» de Parcoursup 2021

Cet engouement signe t-il un retour en grâce des classes préparatoires? Pour Damien Framery, président de l’Association des professeurs de premières et de lettres supérieures (APPLS), «ce phénomène de masse est conjoncturel. Pour les familles et les candidats, la CPGE est une façon de sécuriser l’entrée dans l’enseignement supérieur. Là où les universités étaient en distanciel pendant la crise sanitaire, les prépas ont pu tenir cours physiquement la majeure partie du temps». À cela s’ajoute une autre raison: la fermeture de programmes internationaux en raison du Covid ou encore un effet Brexit, qui a fait augmenter radicalement les frais universitaires en Grande Bretagne. Enfin, en période de crise, «savoir que l’on va passer une année dans une classe à petit effectif et qui fonctionne comme au lycée est rassurant», ajoute Mickaël Prost, président de l’Union des professeurs de classes préparatoires Scientifiques (UPS) qui voit en la prépa et son cocon la «valeur refuge» de Parcoursup 2021.

Les prépas ont amélioré leur communication

«Pour une famille qui anticipe des difficultés économiques, la prépa a aussi l’avantage de ne pas coûter plus cher que l’université», ajoute Alain Joyeux, président de l’Aphec (Association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales). Et les crédits ECTS, permettant d’obtenir des équivalences et donc de se réorienter au bout d’une année ou deux, sont un filet de sécurité. Enfin, les prépas ont amélioré leur communication. «Les salons ne se sont pas tenus, alors il a fallu faire des efforts de communication», décrypte Damien Framery. «On est passé par les réseaux sociaux et Internet.» Les vidéos de témoignages ou les visites virtuelles ont notamment pu créer une certaine proximité avec les lycéens plus sensibles à ces formats et qui s’informent en grande partie sur les plateformes numériques.

«Il faut maintenant que les vœux se transforment en inscriptions», tempère malgré tout Mickaël Prost, président de l’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques (UPS). Damien Framery, président de l’Association des professeurs de premières et de lettres supérieures (APPLS), appelle lui aussi à la prudence. Selon lui, on ne peut interprétation cette hausse de demandes comme le signe d’un «redorage de blason» de cette filière sélective. «Le nombre de candidats est différent du nombre de vœux», prévient-il. Et pour cause, si cette année les lycéens ont confirmé en moyenne 12,8 vœux, soit 2,6 de plus comparé à 2020, ils étaient 17 000 de moins que l’année précédente. Il faut ajouter à cette dynamique l’addition de 500 formations – hors apprentissage – sur Parcoursup, dont les MP2I.

Passé à la loupe, le nombre d’élèves ayant fait au moins un vœu en classe prépa n’évolue pas beaucoup. En 2020, selon le ministère, 16% des 658 000 élèves en terminale scolarisés en France faisaient au moins un vœu en CPGE, soit 105.000 lycéens. Cette année, ils sont 17%, c’est-à-dire environ 108.000. Une augmentation d’à peine 3%.

Les listes vont se dérouler progressivement

Une question se pose alors: y aura-t-il assez de la place pour tout le monde, y compris pour les très bons candidats qui se retrouvent sur liste d’attente? Des candidats s’affolent sur les réseaux sociaux se plaignant de ne pas avoir de place.

«Ça ne veut rien dire!», rassure Alain Joyeux. «Les listes vont dérouler progressivement, il ne faut pas s’inquiéter». Il reste à présent pour les classes préparatoire à transformer l’essai, car la dynamique tangible se comptera en inscriptions. «Nous restons très prudents», conclut Alain Joyeux.

Source : etudiant.lefigaro

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