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France / «On n’en peut plus»: Les étudiants en Staps crient leur ras-le-bol

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Les amphithéâtres débordent, et les installations sportives sont désuètes se plaignent les étudiants en sport qui ont manifesté partout en France.

«Le gymnase est poussiéreux, il est même dangereux. Un quart de notre bâtiment n’est pas utilisable. On a cours dans des Algeco sans chauffage… Ça fait quatre ans», s’emportent Giulian et Marine, 21 ans, en master 1 à Bobigny. Les adolescentes ont un partiel samedi mais ne se sentaient pas de ne pas venir. Ce mercredi 13 octobre 2021, à l’initiative de l’Anestaps, l’Association nationale des étudiants en Staps, les étudiants ont manifesté partout en France, réclamant de meilleures conditions d’études. À Paris, ils s’étaient retrouvés place de la République.

Ces étudiants, futurs professeurs de sport, réclament d’abord plus d’enseignants. À Bobigny, Giulian et Marine comptent un enseignant pour 52 élèves. «La moyenne dans les autres filières est de 18», explique calmement Anouk, étudiante à Nanterre. «Nous sommes délaissés, s’émeut Paul, étudiant en Staps à Orsay. Il nous faut plus d’enseignants, plus de moyens et surtout des infrastructures adaptées». Paul est vêtu de noir, comme la quasi-totalité de ses camarades. Comme dans un cortège funéraire, un cercueil en carton a été fabriqué pour l’occasion.

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«Il faut créer 100 postes dès maintenan

Vers 15 heures, les jeunes affluent de plus en plus. Certains ont le visage strié de traces noires. D’autres terminent d’écrire sur leurs pancartes. Sur le rebord qui encercle la statue de la République, certains échauffent les voix et les esprits à grands coups de haut-parleurs. Florian, 21 ans, est étudiant en deuxième année de licence Staps à Nanterre. «tOn a des classes blindées. Notre bâtiment n’est pas prêt à accueillir autant d’élèves. Des étudiants font cours debout», décrit-il. Comme les autres, ils demandent «des sous, des profs titulaires et des infrastructures décentes». Des camarades d’associations l’ont rejoint. Ils acquiescent.

Le fumigène rouge qui vient d’être craqué annonce le départ du cortège. Le cercueil est en tête, porté par quatre étudiants. Une enceinte crache de la musique que recouvrent les slogans hurlés par les participants. À l’arrière, des enseignants. Anne Roger, secrétaire général du Snesup-Fsu et enseignante en Staps à Lyon 1 a fait le déplacement. «Il faut créer 100 postes en France dès maintenant. C’est une urgence.» Depuis 10 ans, Anne observe, impuissante, la dégradation des conditions de travail et un éloignement entre les enseignants et les étudiants. «On attend des moyens», conclut-elle.

«C’est nous, les professionnels de demain»

Mélina et Nolwen sont étudiantes à Bobigny. Elles décrivent des «trous dans les murs et des bâtiments abandonnés.» Il leur arrive d’être «viré» des amphithéâtres où elles ont cours «car ce ne sont pas les notres et que les autres filières en ont besoin». «Nous n’en pouvons plus, se désolent les deux amies. Cette année, ceux qui font du volley-ball doivent se rendre à Villetaneuse. Pour la piscine, c’est à Bondy.» Anouk, de Nanterre, panique pour ses concours de fin d’études. Dans deux ans, elle passera le Certificat d’aptitude au professorat d’éducation physique et sportive (Capeps), pour entrer dans le corps des professeurs d’EPS. «On n’a toujours pas commencé nos cours préparatoires. On n’a pas d’enseignant.» Lentement, la foule avance. Alice est venue de Reims exprès pour manifester. L’étudiante de 22 ans, en master 2, veut faire entendre sa lassitude face à la situation. «J’en ai marre, on est fatigué», assure-t-elle. Soudain, alors que les étudiants approchent de la Place de la Bastille, le groupe de Rouen arrive. Ils disent être environ 90, sont venus en voiture et repartiront une fois la manifestation terminée. Guillaume, 21 ans, en licence 3, est le président de la section locale. «C’est plus significatif d’être ici, pour montrer que c’est une grosse action commune», explique-t-il. Le «Stapsien» aimerait que la ministre Frédérique Vidal «soit à l’écoute et propose des solutions concrètes, notamment un fléchage mieux dirigé et un meilleur suivi.» Sous les brouhahas qui s’intensifient, il ajoute: «A l’approche des Jeux olympiques 2024 à Paris, cette situation est inquiétante car notre filière a un rôle à jouer. C’est nous, les professionnels de demain.»

Source : etudiant.lefigaro

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